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dimanche 11 octobre 2026

GeoAI et télédétection : l'intelligence artificielle au service de la cartographie environnementale

La GeoAI, ou intelligence artificielle géospatiale, associe les méthodes d'intelligence artificielle aux données géographiques afin de mieux analyser les phénomènes spatiaux. Combinée à la télédétection satellitaire, elle permet d'automatiser certaines classifications, de détecter les changements du territoire et de construire des modèles prédictifs.


1. Quelles données utiliser ?

Un projet de cartographie environnementale peut mobiliser plusieurs sources de données :

  • Images Sentinel-2 pour les propriétés spectrales de la surface.

  • Images Landsat pour l'analyse des changements à long terme.

  • Modèles numériques de terrain pour les caractéristiques topographiques.

  • Données météorologiques et climatiques pour étudier les contraintes environnementales.

  • Observations de terrain pour entraîner et valider les modèles.

La combinaison de ces sources nécessite une harmonisation des systèmes de coordonnées, des résolutions spatiales, des périodes d'acquisition et des unités de mesure.

2. Choisir un modèle d'intelligence artificielle

Plusieurs algorithmes peuvent être employés selon l'objectif.

Random Forest : méthode d'ensemble souvent utilisée pour classifier l'occupation du sol à partir de variables spectrales et environnementales.

Support Vector Machine (SVM) : algorithme adapté à de nombreux problèmes de classification supervisée, notamment lorsque les données d'entraînement sont limitées.

Réseaux de neurones convolutifs (CNN) : modèles capables d'exploiter les structures spatiales des images, notamment pour la segmentation et la reconnaissance d'objets.

Modèles de séries temporelles : méthodes permettant d'étudier les trajectoires de végétation et de prévoir certaines évolutions lorsque les données et les hypothèses le permettent.

3. Mettre en œuvre un projet GeoAI

Un flux de travail reproductible comprend les étapes suivantes :

  1. Définir la question scientifique et la variable à prédire.

  2. Collecter et prétraiter les données géospatiales.

  3. Construire un jeu de données d'entraînement avec des observations de référence.

  4. Séparer les données d'entraînement, de validation et de test.

  5. Entraîner plusieurs modèles et ajuster leurs paramètres.

  6. Évaluer les résultats à l'aide d'indicateurs adaptés.

  7. Produire une carte des prédictions et documenter les incertitudes.

Une attention particulière doit être accordée à la validation spatiale : des échantillons voisins peuvent être très similaires, ce qui risque de surestimer les performances lorsque les données sont réparties aléatoirement entre entraînement et test.

4. Applications environnementales

La GeoAI peut notamment contribuer à :

  • La classification de l'occupation et de l'utilisation du sol.

  • La détection des zones affectées par les incendies.

  • Le suivi des sécheresses et du stress hydrique.

  • La cartographie des zones sensibles à l'érosion.

  • L'analyse des changements d'occupation du sol.

  • La modélisation de certains indicateurs spectrales.

Conclusion

L'association de la télédétection, des SIG et de l'intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives pour l'analyse environnementale. Toutefois, la qualité d'un modèle GeoAI dépend avant tout de la pertinence des données, de la conception de la validation, de la prise en compte des incertitudes et de la reproductibilité des traitements.

Mots-clés : GeoAI, intelligence artificielle, télédétection, machine learning, Sentinel-2, cartographie environnementale.

Photogrammétrie par drone : produire une orthophotographie et un modèle 3D

 La photogrammétrie par drone permet de reconstruire la géométrie d'une surface à partir d'images aériennes qui se recouvrent partiellement. Cette technologie est largement utilisée en topographie, en agriculture de précision, dans le suivi des chantiers et dans la cartographie environnementale.



1. Planifier la mission de vol

La première étape consiste à définir la zone à cartographier, la résolution au sol souhaitée, l'altitude de vol et les paramètres d'acquisition.

Le plan de vol doit prévoir un recouvrement longitudinal et latéral suffisant. Les valeurs exactes dépendent du capteur, du relief, de la végétation et du logiciel de traitement.

Avant le vol, il faut également vérifier les conditions météorologiques, l'autonomie du drone, la réglementation applicable et les autorisations nécessaires.

2. Acquérir les images

Le drone réalise une série de photographies géoréférencées. Des points de contrôle au sol (GCP) peuvent être mesurés avec un GNSS de précision pour améliorer le géoréférencement.

Il convient de distinguer :

  • Les points d'appui, utilisés pour contraindre le calcul.

  • Les points de contrôle indépendants, utilisés pour évaluer la précision finale.

3. Traiter les images

Dans un logiciel de photogrammétrie compatible, le flux de travail comprend généralement :

  1. Importation des photographies.

  2. Alignement des images et estimation des positions des caméras.

  3. Génération d'un nuage de points.

  4. Construction d'un maillage 3D, si nécessaire.

  5. Production d'un modèle numérique de surface (MNS).

  6. Génération de l'orthomosaïque.

  7. Exportation des résultats dans un système de coordonnées approprié.

4. Évaluer la précision

La précision ne doit pas être déduite uniquement de la résolution des images ou de l'erreur de reprojection.

Elle doit être évaluée à partir de points de contrôle indépendants et d'indicateurs adaptés, notamment les erreurs en X, Y et Z ainsi que la RMSE.

Les résultats doivent mentionner le système de coordonnées, la méthode de géoréférencement, le nombre de points de contrôle et les limites liées au terrain.

Conclusion

La photogrammétrie par drone permet d'obtenir des données spatiales détaillées, mais leur fiabilité dépend de la planification du vol, de la qualité des images, du géoréférencement et de la validation indépendante des produits.

Mots-clés : drone, photogrammétrie, orthophotographie, MNT, MNS, nuage de points, GNSS.

Télédétection satellitaire : calculer le NDVI avec Sentinel-2

 La télédétection satellitaire permet d'observer et de suivre l'évolution de la surface terrestre à partir de capteurs embarqués sur des satellites. Les images Sentinel-2 du programme européen Copernicus sont particulièrement utiles pour étudier la végétation, l'agriculture, les forêts et les changements environnementaux.



L'indice de végétation par différence normalisée, appelé NDVI (Normalized Difference Vegetation Index), est l'un des indicateurs les plus utilisés pour caractériser l'activité photosynthétique de la végétation.

1. La formule du NDVI

Le NDVI est calculé à partir de la réflectance dans le proche infrarouge et dans le rouge :

\[ NDVI=\frac{B8-B4}{B8+B4} \]

Où :

  • \(B8\) correspond à la bande du proche infrarouge de Sentinel-2, à 10 m.

  • \(B4\) correspond à la bande rouge, à 10 m.

Les valeurs théoriques se situent entre −1 et +1.

2. Télécharger les images Sentinel-2

Les images peuvent être obtenues à partir de Copernicus Data Space Ecosystem ou traitées directement dans Google Earth Engine.

Pour une analyse fiable, il faut sélectionner une période adaptée à la végétation étudiée et tenir compte de la couverture nuageuse. Il est également important d'utiliser des données de réflectance de surface et de masquer les pixels nuageux ou contaminés.

3. Calculer le NDVI sous QGIS

Après avoir importé les bandes B4 et B8 dans QGIS :

  1. Vérifiez qu'elles couvrent la même zone et possèdent la même résolution.

  2. Ouvrez la calculatrice raster.

  3. Saisissez l'expression suivante :

("B8@1" - "B4@1") / ("B8@1" + "B4@1")

  1. Choisissez le nom et le format du raster de sortie.

  2. Lancez le calcul et appliquez une palette de couleurs adaptée.

Il faut traiter les pixels où le dénominateur est nul ou invalide afin d'éviter des résultats aberrants.

4. Interpréter les résultats

De manière générale :

  • Les valeurs négatives sont souvent associées à l'eau, aux nuages ou à certaines surfaces non végétalisées.

  • Les valeurs proches de zéro correspondent fréquemment aux sols nus ou aux surfaces faiblement végétalisées.

  • Les valeurs positives élevées peuvent indiquer une végétation dense et active.

Ces interprétations restent indicatives : le type de végétation, l'humidité des sols, la saison et les conditions d'acquisition influencent les valeurs observées.

5. Les limites du NDVI

Le NDVI ne mesure pas directement la biomasse, la santé globale des écosystèmes ou la résilience écologique. Il peut également saturer dans les couverts très denses. Pour approfondir l'analyse, il peut être combiné avec d'autres indices, des données climatiques, des observations de terrain et des séries temporelles.

Conclusion

Le NDVI constitue un indicateur utile pour cartographier la végétation et suivre ses variations temporelles. Une interprétation scientifique rigoureuse nécessite cependant un prétraitement approprié des images et une validation adaptée aux objectifs de l'étude.

Mots-clés : Sentinel-2, télédétection, NDVI, végétation, QGIS, Copernicus.

Comment créer une carte professionnelle avec QGIS : guide pratique

 

Introduction

Les systèmes d'information géographique (SIG) sont devenus indispensables à la gestion des données spatiales. Parmi les solutions disponibles, QGIS est un logiciel libre permettant de visualiser, analyser et cartographier des informations géographiques.


Ce tutoriel présente les principales étapes de création d'une carte thématique à partir de données géographiques.

1. Préparer les données

Avant de commencer, rassemblez les couches nécessaires : limites administratives, routes, hydrographie, occupation du sol ou autres données adaptées à votre sujet.

Les formats courants comprennent :

  • Shapefile (.shp).

  • GeoPackage (.gpkg).

  • GeoTIFF (.tif).

  • Fichiers CSV contenant des coordonnées.

Vérifiez le système de coordonnées de chaque couche avant de procéder aux analyses.

2. Importer les données dans QGIS

  1. Ouvrez QGIS.

  2. Utilisez le menu Couche → Ajouter une couche.

  3. Importez les fichiers vectoriels et raster.

  4. Vérifiez leur position géographique et leur système de coordonnées.

  5. Organisez les couches dans le panneau dédié.

Si les couches ne se superposent pas correctement, vérifiez notamment les systèmes de référence et les éventuelles erreurs de géoréférencement.

3. Réaliser la mise en forme cartographique

Sélectionnez une couche, ouvrez ses propriétés et accédez à la rubrique Symbologie.

Vous pouvez ensuite :

  • Choisir une couleur pour chaque catégorie.

  • Utiliser une représentation graduée pour les données quantitatives.

  • Ajouter des étiquettes aux communes ou aux objets géographiques.

  • Ajuster la transparence et l'épaisseur des contours.

  • Créer une hiérarchie visuelle entre les différentes couches.

4. Créer la mise en page

Dans le gestionnaire de mise en page, ajoutez les éléments indispensables :

  • Titre de la carte.

  • Légende.

  • Échelle graphique.

  • Flèche du nord, si elle est utile à la lecture.

  • Système de coordonnées.

  • Source des données, auteur et date de réalisation.

Enfin, exportez la carte en PDF ou en image haute résolution.



QGIS permet de produire des cartes adaptées aux besoins professionnels et scientifiques. La qualité cartographique dépend autant de la fiabilité des données que de la lisibilité de la mise en page et de la pertinence des choix de représentation.

Mots-clés : QGIS, SIG, cartographie, analyse spatiale, données géographiques.

dimanche 6 octobre 2024

Combinaison des techniques géospatiales et du processus hiérarchique analytique (AHP) pour la cartographie du potentiel des eaux souterraines.

 Les eaux souterraines revêtent une importance cruciale en termes d'approvisionnement en eau et de préservation de l'environnement, en particulier dans le contexte des changements climatiques. Elles sont stockées dans des aquifères, qui sont des formations géologiques poreuses et perméables agissant comme des réservoirs souterrains d'eau. L'importance des eaux souterraines est amplifiée par les défis engendrés par les changements climatiques et d'autres facteurs. Au Maroc, les ressources en eau sont vitales pour répondre aux besoins croissants de la population et de l'agriculture. La disponibilité en eau présente une grande variabilité régionale, avec des zones souffrant de pénuries chroniques et d'autres bénéficiant de ressources plus abondantes. Ainsi, une connaissance précise du potentiel des ressources en eau est essentielle pour une gestion efficace et durable de cette ressource précieuse.


Intégration de l'approche AHP (Analytic Hierarchy Process) et des techniques géospatiales pour la cartographie du potentiel en eau souterraine.


Les Systèmes d'Information Géographique (SIG), par leur capacité à collecter, structurer et visualiser des données géospatiales, contribuent substantiellement à la caractérisation de l'environnement géologique, topographique et climatique des régions d'étude. La cartographie de ces éléments permet d'appréhender la dynamique complexe des aquifères et de leurs interactions avec les paramètres environnementaux. En effet, les SIG fournissent une plateforme robuste pour la modélisation spatiale des caractéristiques physiques du sous-sol, telles que la perméabilité des formations géologiques et la porosité des matériaux aquifères. De plus, ils intègrent les informations relatives aux précipitations, à la topographie et aux cours d'eau, éléments intrinsèquement liés à la recharge et à la décharge des nappes aquifères.

Formulation hiérarchique multicritère pour l'identification du potentiel d'eau souterraine.

Dans ce contexte méthodologique, l'Analyse Hiérarchique des Processus (AHP) émerge en tant qu'outil d'évaluation multicritère qui confère une structure analytique systématique à la prise de décision. Cette méthode, en établissant des hiérarchies de critères et de sous-critères, offre un cadre pour attribuer des poids relatifs à ces éléments en fonction de leur influence respective sur le potentiel en eau. Les critères, sélectionnés avec rigueur, englobent une gamme de dimensions incluant la qualité de l'eau, la recharge des aquifères, la proximité des zones urbanisées et agricoles, ainsi que les considérations socio-économiques. En combinant ces critères avec les données spatiales des SIG, l'AHP permet une évaluation objective et reproductible de la capacité des différentes zones à abriter des ressources en eau souterraine substantielles.



Cette démarche méthodologique intégrée se traduit par la délimitation précise des zones à fort potentiel en eau souterraine. Ces résultats, matérialisés sous forme de cartes géospatiales, représentent une ressource inestimable pour les décideurs, les planificateurs et les gestionnaires des ressources hydriques. En fournissant une visualisation graphique et une interprétation précise de la répartition géographique des potentiels hydriques, ces cartes guident efficacement les stratégies de gestion durable des eaux souterraines, telles que la localisation optimale de puits, la mise en place de zones de protection et de recharge, ainsi que l'élaboration de politiques adaptées face aux fluctuations climatiques.

Répartition des puits et des sources d'eau selon le potentiel en eaux souterraines dans la partie méridionale du bassin du Haut Inaouène, mettant en évidence l'aquifère de Taza.



Pour toute assistance technique :
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Tél : +212 7 71 36 79 66